• [javascript protected email address]

Libéralisme

Le libéralisme économique est une école de pensée qui a pour fondement que les libertés économiques comme le libre-échange, la liberté d’entreprendre, le libre choix de consommation, de travail, sont nécessaires pour qu’une économie soit la plus efficace et juste possible. Cette école considère par ailleurs que l’intervention de l’état doit être la plus limitée possible dans le domaine économique.

 1- Le libéralisme classique

1-1- Libéralisme classique originel

Pour cette branche du libéralisme, la plus ancienne et qui date des Lumières, les principes fondateurs peuvent se résumer en trois mots, Liberté, Responsabilité, Propriété. Il s’agit là de l’application à l’économie de la pensée libertaire des philosophes des Lumières, à savoir que la liberté individuelle est au-dessus de toute forme de pouvoir. Les libéraux classiques sont dons attachés à un libéralisme philosophique qu’ils déclinent à l’économie.
Les libéraux classiques sont convaincus que l’état n’a ni la légitimité, ni l’information nécessaire pour prétendre savoir mieux que les consommateurs ce qu’ils peuvent ou doivent consommer ou pour prétendre savoir mieux que les producteurs ce qu’ils peuvent ou doivent produire.John Locke
Pour les libéraux classiques, laisser les hommes décider sans contrainte du comment satisfaire leurs besoins en matière économique, ce qui revient à organiser le chaos dans ce domaine, c’est le meilleur moyen d’arriver à une situation d’équilibre naturelle où le bien de la majorité est assuré par la poursuite des intérêts particuliers.
Par un certain parallèle, il en serait de même dans le monde économique et dans le monde naturel décrit par la théorie de l’évolution des espèces. En effet, dans la théorie de Darwin, le chaos de la nature engendre des évolutions de l’environnement. Les espèces vivantes, qui connaissent des mutations génétiques aléatoires, évoluent par ce biais, les mutations adaptées aux évolutions de l’environnement favorisant l’individu ayant subi cette mutation. Il en résulte une nouvelle situation, où l’environnement à évolué, où les espèces se sont elles mêmes adaptées de façon aléatoires, situation assimilable à un nouveau point d’équilibre où environnement et nature sont plus adaptés l’un à l’autre que dans le point précédent.
Les libéraux classiques croient ainsi que malgré les intentions individuelles des agents économiques, le chaos lié au nombre d’agents ayant des besoins différents engendre des évolutions de la macro-économie, des mutations qui concourent au bien public.
Cette vision de l’évolution de l’économie amène les libéraux classiques à rejeter tout interventionnisme de l’état ou de toute forme de pouvoir dans le domaine économique. Pour eux, toute intervention arbitraire revient à enrayer le processus d’évolution naturelle, mettant en péril la capacité du système à retrouver un point d’équilibre, garant du bien public le plus optimal.

1-2- L’école britannique

L’école Britannique, au 18ème et 19ème siècle n’est pas aussi attachée à la conception philosophique du libéralisme. Leur positionAdam Smithn est qualifiée d’utilitariste, soit une position dans laquelle la liberté économique de tous les acteurs privés ne doit être vue que comme un moyen de poursuivre la meilleure efficacité économique du système. La conséquence importante est que les libéraux de ce courant jugent utiles l’intervention des états dans l’économie pour par exemple financer et entretenir tout ce qui par nature n’a pas vocation à être économiquement rentable pour des acteurs privés, comme la construction et la maintenance d’ouvrages publiques. Cette tolérance plus souple vis à vis de l’intervention des états est à la base de l’évolution du libéralisme classique vers le courant néoclassique du 20ème siècle. L’une des formes perverses de cette approche de l’interventionnisme étatique pourrait être résumée dans l’un des slogans des opposants à toute forme de libéralisme, « Nationaliser les pertes, privatiser les profits ».

1-3- L’école autrichienne

L’école autrichienne reprend et complète à la fin du 19ème siècle la vision classique de l’économie en faisant le constat selon lequel les échanges librement consentis améliorent la situation de tous ceux qui ont participé à l’échange. Pour les tenants de cette école de pensée, le système des prix oriente consommateurs et producteurs vers un optimum de satisfaction réciproque, car dans le prix des produits serait résumé l’ensemble des informations qui définissent si un produit est jugé utile au consommateur et par ricochet intéressant à fabriquer pour le producteur.
Dans cette vision de l’économie, l’intervention de l’état biaise la définition des prix, perturbe donc l’infoLudwig von Misesrmation renvoyée aux consommateurs et aux producteurs et pousse ces derniers à consacrer leur outil à des productions qui ne sont pas les plus en adéquation avec la demande des consommateurs.
A contrario, cette conception ne semble valable que dans le cadre d’une société économique où tous les acteurs jouent le jeu d’une concurrence « parfaite » et totale. Il s’agirait d’une société où il existe de nombreux concurrents, connus de tous les consommateurs, détachés de toute manipulation des prix telle que l’utilisation du lobbying auprès des états, l’entente entre eux pour définir des prix minimum ou orienter les choix lors des appels d’offre, l’abus de position dominante pour imposer les prix au marché. De plus, l’existence de monopoles ou  de situations de concurrence avec un nombre trop faible de producteurs sur un marché amène souvent à surévaluer le prix d’un produit.
Sur le fond également, la définition d’un prix semble plutôt être la conséquence de l’attraction des consommateurs pour un produit et non pas le levier qui orienterait les comportements individuels vers les activités les plus utiles.

Informations supplémentaires