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 Keynésianisme

Si les théories libérales et néolibérales sont fondées sur le principe de la liberté des agents ainsi que le principe selon lequel le prix contient toute l’information nécessaire à ceux-ci, le keynésianisme est une théorie fondée sur la demande en capitaux, le taux d’intérêt lié au renoncement de la liquidité pour investir et la monnaie.

1- Théorie de Keynes et mécanismes économiques en découlant

Pour les libéraux classiques, le taux d’intérêt est le facteur d’équilibre entre la demande de capitaux d’inveJohn Meynard Keynesstissements et l’offre de capitaux disponibles, ou montant de l’épargne courante. Ainsi, plus la demande est forte par rapport à la réserve disponible, plus le taux d’intérêt augmente, et inversement.
Keynes critique cette vision, affirmant que demande et réserve sont tout le temps égales, quel que soit le taux d’intérêt. Il remarque que les raisons de l’épargne sont différentes de celles de l’investissement, et souligne notamment que les individus, par précaution vis-à-vis d’incertitudes, décident de thésauriser la richesse.
Pour Keynes, le taux d’intérêt est le bénéfice que retire un agent qui a renoncé à ses liquidités pour investir dans des actifs financiers qui lui rapportent un revenu. Le taux d’intérêt est ainsi le ratio entre la somme du capital investi et son revenu sur le capital investi. La demande de liquidité des agents, c'est-à-dire l’envie de reprendre ses liquidités, diminue lorsque les taux d’intérêts sont élevés. Cette demande monte lorsque ces taux chutent.
Les conséquences de la vision de Keynes sont les suivantes :

  • Sur le marché des obligations d’état, lorsque les agents anticipent une hausse des taux d’intérêts sur les bons émis par les gouvernements, ils auront tendances à garder leur liquidité, attendre que cette hausse survienne pour ensuite acheter ces obligations. A l’extrême, si un grand nombre d’agents anticipe la même chose, l’état ne trouvant pas d’acheteurs, il devra émettre des bons avec un taux plus élevé. L’anticipation devient auto réalisatrice.
  • Sur ce même marché, les agents anticipant une baisse achèteront des bons d’états, provoquant la baisse spéculée.
  • Sur le marché d’actions, les agents économiques, lorsqu’ils anticipent une hausse, investissent en masse, spéculant sur les revenus futurs donc le taux d’intérêt de leur investissement. Les informations rassurantes pour le marché attirent les capitaux et donc l’investissement, potentiellement générateur à nouveau de bonnes performances, ce qui fait rentrer dans un cercle positif la société côté concernée.
  • A l’inverse, Les agents économiques retirent leurs capitaux, récupèrent leur liquidité, lorsqu’ils anticipent une baisse de rentabilité de leur investissement dans le marché action. Les capitaux frais pour investir diminuent, potentiellement générateur de dégradation de la performance, ce qui peut faire entrer dans un cercle négatif la société concernée.
  • Keynes définit une notion théorique, dite de trappe à liquidité, où les agents économiques veulent récupérer l’ensemble de leur liquidité pour attendre une reprise ou ne pas perdre le bénéfice du risque pris à renoncer à cette liquidité, c'est-à-dire à investir. Il s’agit d’une situation où les intérêts sur le marché action sont plus faibles qu’un taux théorique qui fixe la limite en dessous de laquelle les agents n’ont plus envie d’investir. L’investissement action s’écroule brutalement. Celui sur les obligations également, les agents économiques misant sur le fait que l’état va devoir investir massivement pour relancer l’économie, donc va devoir émettre des obligations à un taux intéressant pour attirer les capitaux.

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