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2- Une histoire longue et semée d’obstacles

Les penseurs des Lumières évoquaient déjà cette idée. En 1756, le philosophe Jean-Jacques Rousseau rédige les Extraits et jugements sur le projet de paix perpétuelle et note une idée importantes : associer les États dans leurs relations extérieures.

Ce fut après les horreurs de 1870, de la Grande Guerre puis de la Seconde Guerre mondiale que l'idée est reparue de façon plus large.

1948 - Le Conseil de L’Europe

Le Congrès de la Haye, rassemble les différents partisans de l'unification de l'Europe. L'une de ses conséquences fut la création du Conseil de l'Europe, première tentative vers la construction d'un avenir commun aux nations d'Europe.

1951 - La communauté Européenne du Charbon et de l’acier

Le 9 mai 1950, Robert Schuman présente au quai d'Orsay dans une déclaration, considérée comme l'acte de naissance de l'Union européenne, une proposition relative à une organisation de l'Europe, indispensable au maintien de relations pacifiques.

Dans cette déclaration qu'il avait rédigée avec son conseiller et ami Jean Monnet, il appelle la France, l'Allemagne et les pays européens qui voudront les rejoindre à mettre en commun leurs productions de charbon et d'acier, pour jeter les premières bases concrètes d'une fédération européenne et permettre une paix durable en Europe.

1957 - La Communauté Economique Européenne (CEE)

Le 25 mars 1957 sont signés les Traités de Rome, pour aller plus loin dans la coopération. Tous les domaines économiques, mais aussi politiques et sociaux sont concernés. Le but est d'aboutir économiquement à un marché commun, le marché commun européen. La Communauté économique européenne (CEE) est l'entité internationale créée par le traité de Rome.

Le Traité de Rome de 1957 prévoit la mise en place d'une union douanière au sein de laquelle sont abolis les droits de douane, les quotas et les mesures d'effets équivalents à des droits de douane. Cette union adopte un tarif extérieur commun pour les marchandises en provenance d'État tiers. Cette libre circulation des marchandises consacre la vision d'une intégration devant générer  la création de solidarités dans le domaine économique. Les interactions entre les États européens doivent les forcer à terme une intégration politique.

Outre la libre circulation est prévue la mise en place de trois politiques communes, supranationales. La Communauté se voit attribuer une compétence exclusive dans les trois domaines du transport, de l’agriculture, de la politique commerciale.

La commission européenne est créée et est chargée de créer une administration intégrée pour veiller à la mise en place des objectifs du Traité. Elle ne dispose cependant que d'un pouvoir de proposition, les décisions devant être prise par le Conseil européen (réunion des ministres des États membres dans leur domaine). Le Parlement européen n'a, quant à lui, qu'une fonction consultative.

1965 – La fusion de l’exécutif de la CEE, de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, et de la Communauté Européenne de l’Energie Atomique

Le Traité de fusion est signé le 8 avril 1965 à Bruxelles ; il fusionne les exécutifs des trois communautés. Les Conseils et Commissions sont regroupés en un seul Conseil et une seule Commission, basés à Bruxelles.

1979 - L'élection directe du Parlement

Le 7 juin 1979, les citoyens des neuf États membres de la Communauté européenne élisent pour la première fois les députés du Parlement européen au suffrage universel direct.

1985 - Schengen, l'Acte Unique

Les accords signés à Schengen (Luxembourg) par plusieurs États européens prévoient l'abolition des contrôles aux frontières communes entre les États signataires. Cette suppression des contrôles intérieurs est accompagnée de la mise en place de règles communes sur l'entrée et le séjour des ressortissants n'appartenant pas à la Communauté européenne.

Signé en février 1986, le traité de l’Acte unique européen apporte des modifications au traité de Rome. Son objectif est d’accélérer la mise en place du marché intérieur, dont l’achèvement est prévu pour décembre 1992. Il est, pour cela, nécessaire de renforcer les pouvoirs des institutions européennes (Conseil, Parlement, Commission) et d’élargir leurs domaines de compétence à l’environnement, à la politique étrangère et à la recherche technologique.

1992 - Traité de Maastricht ou naissance de la Communauté Européenne

Avec le traité de Maastricht signé en 1992, la CEE est intégrée dans l'Union européenne (UE). Elle est renommée Communauté européenne le 1er novembre 1993.

Ce traité représente une nouveauté. Il envisage une union politique à dimension étatique. Il constitue l’approfondissement de la gouvernance européenne, avant de s’élargir aux pays neutres et postcommunistes. Plusieurs caractéristiques de la nouvelle structure de Maastricht représentent un saut qualitatif dans la construction européenne :

  1. La définition de citoyenneté européenne
  2. Le rôle accru du Parlement Européen
  3. l’objectif de l’union monétaire comme prochaine étape de l’intégration économique après le marché unique
  4. la coopération en politique extérieure

De l’autre côté, le Traité reste incomplet :

  1. les nouvelles compétences de l’Union sont soumises au veto des États
  2. Il y a trop d’attentes pour trop peu de possibilités réelles en politique étrangère. Ceci amène à une crise de confiance avec l’éclatement des guerres yougoslaves
  3. l’approfondissement des compétences et les nouveaux pouvoirs par rapport aux États amènent à une crise de légitimité. On commence à parler d’un déficit démocratique de l’Union, causé par le manque d’intégration des masses dans le système politique communautaire.

1999 – L’Union économique et monétaire

Le 1er janvier 1999, c’est la naissance de l'euro. Les pièces et billets sont diffusés à partir du 1er janvier 2002. Le cours légal des monnaies nationales dans les pays ayant adopté l'euro est supprimé au 1er trimestre 2002.

2005 – L échec du référendum pour une constitution Européenne

L'Union européenne envisage de se doter d'une Constitution européenne, qui regrouperait, enrichirait et clarifierait les traités fondateurs. En 2005 à la suite des rejets de la constitution par les peuples français et néerlandais, consultés par référendum, la ratification a été suspendue dans la plupart des États.

Cet événement a traumatisé les institutions européennes. Après qu'une nouvelle majorité fut issue des urnes, une nouvelle forme du même traité, dit Traité modificatif, fut lancée et permit à l'Union européenne de sortir de la crise.

2007 - Le traité de Lisbonne

Il est signé entre les vingt-sept États membres de l’Union européenne, qui transforme l’architecture institutionnelle de l’Union. À la différence du traité constitutionnel de 2004, qui remplaçait les deux grands traités par un texte nouveau, le traité de Lisbonne conserve les traités existants (Rome, 1957 et Maastricht, 1992)  tout en les modifiant en profondeur.

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